L’irruption en début d’année 2020 de la pandémie de la COVID-19 a été une sonnette d’alarme pour le monde entier. Cette crise nous oblige à repenser et reconfigurer toutes nos manières de faire : nos systèmes de santé, nos objectifs économiques, notre relation au monde vivant.

Un simple virus a fait émerger des messages forts sur la nécessite de changer de modèle. Il nous rappelle que nous devons abandonner la voie dangereuse qui est la nôtre, marquée par les inégalités, les injustices et la destruction de notre planète. Cette voie ne fera que nous rendre toujours plus vulnérables à de multiples risques, à commencer par la maladie, la pauvreté grandissante, les conflits ou les catastrophes naturelles.

En un mot : nous avons atteint un point de bascule pour la planète et ses habitants. Un moment où une transformation reste encore possible, et où chaque action individuelle compte. Le choix est entre nos mains, à l’échelle individuelle et collective.

Nous disposons heureusement d’un plan pour nous aiguiller dans la bonne direction : l’Agenda 2030 pour le développement durable. Cet Agenda offre une vision globale et ambitieuse pour un progrès à l’échelle mondiale. Cette vision est centrée sur les droits humains et sur l’idée que le développement se doit d’être inclusif et soutenable.

Des pays du monde entier ont apporté leur soutien à cet Agenda, qui présente 17 Objectifs de développement durable à atteindre d’ici 2030. Ils se rattachent globalement à trois catégories : objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Mais comme la pandémie l’a montré avec tant d’évidence, ces objectifs sont indivisibles et interconnectés. Nous ne mettrons pas fin à la pauvreté (ODD 1) si nous n’assurons pas la bonne santé de nos sociétés (ODD 3) ou l’existence d’emplois décents (ODD 8). Autant de facteurs intimement liés à la gestion consciencieuse de notre environnement (ODD 13 à 15).

Reconnaître ces interconnexions est une première étape pour agir – et cela nous incite à placer la barre haut. Il y a moins d’un an, une transformation aussi profonde aurait sans doute été perçue comme trop coûteuse ou trop difficile. Aujourd’hui, on la sait indispensable.

La campagne d’action des Nations unies pour les ODD (UN SDG Action Campaign) se veut un appel à l’action et à la création d’alternatives audacieuses dans le monde entier, sur la base d’une conviction : les actes individuels peuvent générer un « effet papillon » positif à même de répondre efficacement à des défis complexes à l’échelle planétaire. En septembre 2020, avec le hashtag #TurnItAround, les citoyens ont pu interpeller leurs dirigeants à l’Assemblée Générale de l’ONU afin que ceux-ci s’engagent pour les ODD et pour une sortie juste, verte et durable de la pandémie. L’initiative a rassemblé plus de 700 organisations et 45 millions de personnes dans 160 pays et 1 000 villes. A travers des posts sur les réseaux sociaux, des messages vidéo et des visioconférences, les idées de militants, entreprises, musiciens, collectifs de jeunes ont pu être diffusées.

Un tel mouvement de solidarité fait souffler un vent d’espoir et nous donne de l’élan. Il nous montre que nous pouvons non seulement prendre un nouveau cap, mais aussi le tenir – de la sortie de pandémie jusqu’à l’horizon 2030, et bien au-delà.

Marina Ponti
Directrice
UN SDG Action Campaign