Depuis qu’il fait l’objet d’un suivi, en 2013, l’encours de microcrédit progresse en France à un rythme assez soutenu. Les montants restent encore modestes au regard du rôle que pourrait jouer le microcrédit accompagné en matière d’inclusion financière. Avec 244 000 microcrédits fin 2018, représentant un encours de 1,36 milliard d’euros, contre près de 1 milliard en 2013, le microcrédit poursuit régulièrement son développement en France. Il est le plus souvent de nature professionnelle (55% de l’encours) ou destiné à constituer un apport en fonds propres (40% de l’encours) permettant de contracter un emprunt sur le marché classique. Il permet aussi, pour seulement 5% de l’encours mais tout de même 19% des prêts, de financer des projets personnels (achat d’un véhicule par exemple).

Le microcrédit en France est accompagné : c’est en confortant un projet personnel ou professionnel avec l’aide d’un intervenant social ou d’une structure d’appui à la création d’entreprise que son bénéficiaire va finalement parvenir accéder à un financement qu’il n’aurait pas spontanément obtenu. Le microcrédit accompagné constitue à cet égard un remarquable levier d’inclusion bancaire et financière. Son développement, promu par les pouvoirs publics, nécessite que cette prestation qui combine financement, garantie et accompagnement, soit mieux connue de ses potentiels bénéficiaires.

C’est en contribuant à rendre le microcrédit plus visible, plus accessible, en communiquant auprès des intervenants sociaux, des relais associatifs ou institutionnels, des banquiers, de concert avec les instituts de microcrédit, que cet outil sera un succès. La Banque de France qui, avec ses succursales, gère déjà les procédures de surendettement et de droit au compte, contribue activement à la promotion du microcrédit. Elle nourrit pour cela les échanges entre acteurs au niveau des territoires et au niveau national dans le cadre de l’Observatoire de l’Inclusion Bancaire présidé par le Gouverneur.

La communication et l’éducation financière, leviers du développement du microcrédit

Depuis 2016, elle dispose d’un nouveau levier : la stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière. Cette stratégie, dont la Banque de France est opérateur, a pour ambition que chacun dispose de connaissances pratiques et de bons réflexes en matière financière afin de pouvoir faire au quotidien des choix plus éclairés en matière de paiements, de crédit, d’épargne ou encore d’assurance. Il s’agit de faire en sorte que tous puissent prendre des décisions leur apportant un mieux-être financier, de ne pas passer à côté d’opportunités ou d’éviter au contraire des choix inappropriés au regard de leurs besoins et de leur situation, ou encore d’échapper aux arnaques.

À cet égard, développer la connaissance de nos concitoyens en matière de microcrédit vise à limiter le non recours à cet outil, pourtant utile au plan économique et social, tout en rappelant que comme tout crédit, il convient avant tout de vérifier sa capacité de remboursement car tout crédit engage son souscripteur. Le portail public de l’Éducation budgétaire et financière, « mes questions d’argent » (www.mesquestionsdargent.fr) propose des contenus simples, neutres et pédagogiques émanant de partenaires de la stratégie nationale et référencés par la Banque de France. Une rubrique est consacrée au microcrédit. Dans tous les départements, les unités de la Banque de France proposent aux travailleurs sociaux et aux salariés ou bénévoles d’association des sessions d’information sur le microcrédit comme sur d’autres sujets : prévention du surendettement, moyens de paiement, comptes et services bancaires, etc.

STÉPHANE TOURTE
DIRECTEUR DES PARTICULIERS
&
MARK BEGUERY
DIRECTEUR DE L’ÉDUCATION FINANCIÈRE
BANQUE DE FRANCE