Tous les deuxièmes mercredi du mois, les Apéros Youth We Can! donnent la parole à des jeunes engagés qui viennent raconter leur parcours et partager leur vision d’une société plus inclusive et responsable. L’objectif ? Créer le déclic chez ceux qui n’osent pas encore s’engager et les accompagner pour sauter le pas !

Pour son premier apéro de l’année 2020, le collectif Youth We Can ! a donné rendez-vous à sa communauté au Pavillon des Canaux avec pour thème l’art et la culture au service du climat. Comment les jeunes créateurs s’emparent-ils de la question du climat ? Comment utiliser l’art pour sensibiliser le public aux questions environnementales ? Comment s’impliquer pour rendre l’industrie culturelle plus responsable ? Pour répondre à ces questions, Julie Nahon, graphiste et illustratrice, Morgane Baudin, co-fondatrice de Pixetik, et Adeline Pilon, déléguée générale de la Fondation Elyx étaient les invitées du premier apéro Youth We Can de l’année.

 

Éveiller les consciences en revisitant des œuvres d’art connues de tous

C’est ce que fait Julie Nahon, une illustratrice engagée. Après ses études de design graphique, qui l’ont poussée à s’intéresser à l’écologie alors qu’elle se destinait à une carrière dans le luxe, Julie s’est découvert une passion pour le digital painting, ou la peinture numérique. Très vite, ses tableaux commencent à refléter ce qu’elle pense des problèmes sociétaux d’aujourd’hui. Elle peint par exemple une nature morte de fruits et légumes, tous emballés dans du plastique.

C’est avec un concours lancé par Mr Mondialisation que Julie commence à détourner des œuvres d’art connues pour faire passer des messages sur les questions de société qui lui tiennent à cœur. Sa réinterprétation des célèbres glaneuses de Millet remporte le concours et suscite beaucoup d’attention. C’est alors qu’elle réalise l’impact que peut avoir cette forme d’art engagé. En faisant appel à des références connues de tous mais vues sous un angle contemporain, l’image suscite de nombreux retours, notamment la colère due à l’impact visible des déchets non-biodégradables et de la pollution sur la nature, et inspire les gens à écrire leurs pensées sur le sujet ; des professeurs lui demandent de partager sa propre analyse du tableau pour pouvoir l’utiliser avec leurs élèves.

Aujourd’hui, Julie expose son tableau au Centre Culturel de Belem (Lisbonne) pour la 5e Triennale d’architecture dans le cadre de l’exposition The Poetics of Reason, un bel encouragement à poursuivre sur la voie de l’art engagé !

Le pouvoir de l’image pour faire évoluer les mentalités

C’est aussi la conviction de Morgane Baudin ! Jeune diplômée de Sciences Po, elle souhaite travailler dans le milieu de l’audiovisuel et du cinéma à la sortie de ses études, mais se retrouve rapidement confrontée au caractère très polluant et au manque de conscience environnementale de ce milieu.

Après avoir envisagé un temps de se réorienter, Morgane se rend compte que le cinéma et l’audiovisuel ont un pouvoir immense pour faire évoluer les mentalités, qui s’il est bien exploité, peut contribuer à la sauvegarde du climat et de l’environnement. En réfléchissant à l’impact que pouvait avoir son métier et son industrie sur la nature et la société, mais aussi sur les consciences, elle réalise que quel que soit le secteur d’activité auquel on appartient il est possible de s’engager.

Elle fonde alors Pixetik, une entreprise de l’économie sociale et solidaire, qui développe une offre de placement de produits responsables. Le placement de produit, qu’est-ce que c’est ? Cela consiste à promouvoir des produits, des marques ou autres en les introduisant dans un contenu audiovisuel pour les faire connaître du grand public. Cela permet aux marques de gagner en visibilité et aux producteurs d’obtenir plus de financements. Pixetik propose d’introduire des produits et des gestes responsables dans des films, séries et autres contenus audiovisuels pour influencer le choix des consommateurs vers des produits, des marques ou des actions plus durables.

A travers Pixetik, Morgane a deux objectifs. Tout d’abord, elle prend contact avec de nombreuses entreprises de production audiovisuelle et de professionnels du cinéma, pour leur parler de placement de produits ou de marques durables. Elle espère ainsi inspirer toute une communauté d’acteurs à faire évoluer leurs métiers en prenant en compte la crise climatique. De même, grâce au placement de produits dans des contenus audiovisuels déjà populaires, elle espère toucher un maximum de spectateurs et influencer leurs choix de consommation pour en finir avec nos mauvaises habitudes quotidiennes le plus vite possible.

De la finance à la culture et à la protection de l’environnement

Les questionnements professionnels, Adeline Pilon les a connus aussi. Issue d’un quartier populaire, elle gravit les échelons dans le milieu de la finance et travaille pour des banques d’affaires. Passionnée par l’art depuis toujours, elle a l’habitude de se réfugier dans les musées pour réfléchir et puiser de l’inspiration, et est révoltée que la culture soit réservée à une élite et paraisse inaccessible à ceux qui n’appartiennent pas aux catégories privilégiées de la population.

Elle crée alors H A P P E N I N G, une plateforme au croisement de ses compétences financières et de sa passion pour la culture, qui combine intelligence artificielle et expertise des meilleurs spécialistes pour rendre plus compréhensible et transparente la formation des prix sur le marché de l’art. Mais cette initiative ne lui permet pas suffisamment de participer à la démystification de la culture pour ceux qui y ont le moins accès. Elle quitte le projet alors que sa prise de conscience des enjeux environnementaux augmente dans le même temps.

Adeline rencontre l’artiste Yacine Aït-Kaci. Celui-ci a créé Elyx, un personnage devenu ambassadeur digital des Objectifs de développement durable (ODD). Ensemble, ils s’associent pour créer la Fondation Elyx pour connecter le monde de la culture et celui de l’écologie, et utiliser l’art pour sensibiliser un maximum de personnes. Il s’agit à la fois de soutenir ou inciter des artistes à s’engager avec leur art et veut organiser des projets de sensibilisation aux Objectifs de développement durable à travers les œuvres d’art.