Ecov a été créée en 2014 pour répondre à un enjeu auquel aucun acteur public ou privé ne parvient aujourd’hui à répondre seul : la dépendance à la voiture individuelle dans les territoires périurbains et ruraux.

Quelques chiffres suffisent pour prendre conscience de l’ampleur du problème : aujourd’hui, le transport routier représente 29,7% des émissions de gaz à effet de serre en France1, ainsi que 80% de la pollution de l’air, elle-même responsable de 48 000 morts par an2. La voiture est utilisée pour 80% à 85% des déplacements dans les territoires périurbains et ruraux et le taux de remplissage moyen pour les trajets du quotidien est de 1,3 personne3.

Ces données témoignent de l’importance de réinventer les modes de déplacement quotidien. Dans ce contexte, Ecov a pour ambition de généraliser l’usage du covoiturage. Derrière cet objectif, ce sont plusieurs formes de bénéfices inhérents à la transition écologique et solidaire qui sont recherchés : réduction des émissions de gaz à effet de serre, amélioration de la qualité de l’air, accès à la mobilité pour tous, baisse de la part du transport dans le budget des ménages, ou encore création de lien social.

Pour mener à bien cette mission, Ecov concentre son action sur les territoires peu denses (périurbains et ruraux), et sur des espaces dans lesquels les transports en commun n’existent pas ou ne proposent pas un service en adéquation avec les besoins des citoyens.

“Covoiturer comme on prend le bus”
Dans ces territoires, la voiture individuelle représente souvent le seul moyen de se déplacer pour les trajets du quotidien. Aussi, loin de diaboliser cet usage, Ecov propose de le repenser pour passer d’un usage individuel de la voiture à un usage collectif. Il s’agit de créer un nouveau transport collectif, un nouveau service public, développé en partenariat avec les collectivités locales et co-construit avec les citoyens.

Le concept est simple. Après l’identification d’un besoin ou d’une problématique de mobilité par une collectivité(trafic congestionné, désenclavement de zones d’habitation ou d’emploi, publics en précarité de mobilité, etc.), Ecov identifie les axes de circulation pour lesquels une ligne de covoiturage serait pertinente, à des heures données ou bien toute la journée.

Par la suite, les points d’intérêt sur un axe défini sont mis en évidence : une zone d’emploi, un parking relai, ou encore une station de ski. Ce sont dans ces lieux que des arrêts de covoiturage seront matérialisés par du mobilier urbain.

Concrètement, comment fonctionne le service ?
Un passager souhaitant se déplacer se rend à l’arrêt de covoiturage le plus proche de chez lui. Il y renseigne sa destination, par SMS, par une application mobile, ou encore par une assistance téléphonique. Celle-ci s’affiche sur un panneau lumineux situé en amont de l’arrêt de covoiturage. Quelques minutes plus tard, un conducteur qui va dans la même direction voit la demande sur le panneau ou sur son application mobile, s’arrête pour récupérer le passager et le dépose à l’arrêt souhaité.

Afin de s’assurer que ce service soit intéressant pour tous, un partage de frais est effectué entre les passagers et les conducteurs, le prix du service étant fixé par les collectivités locales, garantes de l’accessibilité financière du service. Toujours dans une optique d’accessibilité, et parce qu’un service public doit pouvoir être utilisé par tous, Ecov propose une solution mixte, qui comprend des supports numériques (application mobile, site internet) mais aussi des supports physiques (panneaux lumineux, mobilier urbain) afin de s’adresser aussi bien aux 39% des français qui utilisent leur smartphone pour se déplacer4 qu’à ceux qui ne le peuvent pas.

Réinventer la route pour une mobilité durable
Au quotidien, l’équipe d’Ecov déploie ce nouveau service public main dans la main avec les élus et services techniques des collectivités, avec de part et d’autre une même motivation : l’intérêt général. Le projet est co-construit en phase étude, Ecov apportant son expertise sur le covoiturage, et les élus et services techniques des collectivités leur connaissance du territoire. Puis, tout au long de l’exploitation des lignes, le service est suivi pour adapter la stratégie d’animation, moduler les incitations financières, développer des solutions pour la desserte du dernier kilomètre, ou encore pour déplacer un arrêt.

Ces projets structurants peuvent passer par une adaptation des infrastructures routières existantes, pour permettre une adoption massive du covoiturage au quotidien : installation d’arrêts physiques, création de voies réservées au covoiturage, parkings dédiés… à l’image des transports collectifs classiques.

Des défis restent à venir…
Pour réinventer de manière durable la façon dont nous utilisons les voitures et la route, de nombreux défis doivent être relevés. Une chose est sûre, y répondre demandera une meilleure collaboration entre le secteur privé (associations, entreprises) et le secteur public (collectivités) afin de répondre efficacement aux enjeux de transition écologique et solidaire.

Julie Laurent
Chargée de communication corporate
&
Harald Condé Piquer
Responsable du développement
Ecov

Notes de bas de page
1. Source CITEPA, avril 2019
2. Source ADEME, novembre 2019
3. Source ADEME, Etude nationale sur le covoiturage de courte distance, septembre 2015
4. Source KEOLIS – Netexplo, octobre 2016