Tous deuxièmes mercredi du mois, les Apéros Youth We Can! donnent la parole à des jeunes engagés qui viennent raconter leur parcours et partager leur vision d’une société plus inclusive et responsable. L’objectif ? Créer le déclic chez ceux qui n’osent pas encore s’engager et les accompagner pour sauter le pas !

Pour son apéro de rentrée, le collectif Youth We Can! s’est réuni à La REcyclerie, un tiers lieu éco-responsable sur la Petite Ceinture, à Paris autour de la thématique du lien intergénérationnel. Accompagner une personne âgée à un rendez-vous médical, venir l’aider à déplacer un meuble, vivre en collocation jeune/senior ou tout simplement l’emmener boire un verre… il existe mille et une façons pour les jeunes et les seniors de tisser des liens forts de solidarité et d’amitié. Lors de l’apéro Youth We Can! du 9 octobre dernier, c, de toutes les générations, sont venues partager leurs expériences d’engagement auprès de leurs aînés.

Rendre un service, se balader, prendre un verre ou souffler des bougies…
Comment mettre en contact des jeunes et des personnes âgées ?

Il existe de nombreuses structures permettant de mettre en relation des jeunes avec des personnes âgées pour qu’ils partagent de bons moments. Paris en Compagnie est l’une d’entre elles : il s’agit d’un projet à vocation sociale soutenu par la Ville de Paris et né de l’alliance de trois structures : Petits Frères des Pauvres, Lulu dans ma rue et Autonomie Paris Saint-Jacques. Le but de ce projet est de rompre l’isolement des personnes âgées en  les mettant en relation avec des jeunes citoyens engagés via une application mobile, afin qu’elles soient accompagnées dans leurs démarches quotidiennes ou dans leurs loisirs.

Après avoir fait une école de commerce, Nesma a voulu donner du sens à son travail et avoir un impact positif  sur la société. Aujourd’hui, elle est chargée de communication chez Paris en Compagnie. Elle travaille quotidiennement avec plus de 700 citoyens engagés qui permettent aux 600 aînés inscrits sur l’application de rompre leur isolement. Parmi eux, Paule, 87 ans, une « assidue du projet » selon ses propres mots. Inscrite par son fils sur l’application, Paule a rapidement apprécié le contact avec les jeunes. Ils lui apportent du réconfort au quotidien et lui permettent de faire autre chose que de « regarder la télévision toute seule chez [elle] ». Prendre un verre ou se balader dans son quartier accompagnée par des jeunes ajoute des couleurs à son quotidien.

Améliorer le quotidien des seniors, c’est aussi le but qu’Alexandre s’est fixé. A force de donner de petits coups de mains à sa grand-mère, Alexandre s’est rendu compte des besoins que pouvaient avoir les personnes âgées pour réussir les « petits défis du quotidien », et notamment ceux liés au numérique (mettre une chanson dans une playlist, recharger une imprimante, etc.). Après s’être engagé dans la lutte  contre le gaspillage alimentaire en co-fondant Graapz, Alexandre a ainsi décidé de poursuivre sa lancée dans l’entrepreneuriat social en se consacrant au thème du « mieux vieillir ». C’est de cette manière qu’est né le projet « Allo Louis », un « service de coup de main intergénérationnel » qui met en relation des étudiants et des seniors parisiens du même quartier, pour que les premiers puissent répondre aux besoins des derniers. D’une ampoule à changer à un meuble trop lourd à déplacer, les seniors ont mille et un petits besoins auxquels les jeunes peuvent facilement répondre. Ce service permet ainsi à des étudiants d’empocher un peu d’argent de poche et aux personnes âgées de surmonter les petits défis du quotidien, le projet permettant aux deux de tisser un lien de solidarité précieux.

La cohabitation intergénérationnelle,
un remède à l’exclusion des seniors et à la cherté des loyers pour les étudiants

Plutôt que des activités ponctuelles, certains jeunes préfèrent partager leur quotidien avec une personne âgée. C’est le cas de Salomé, une étudiante en arts dans une école parisienne, qui avait pour habitude de faire la lecture à une personne âgée sur son temps libre. C’est donc tout naturellement qu’elle a choisi de vivre avec une dame de 94 ans inscrite sur Gens de confiance lorsqu’elle a dû se rapprocher de Paris pour ses études. La colocation intergénérationnelle, c’est pour elle un moyen de réduire le coût de sa vie parisienne, mais aussi une belle expérience humaine. Au départ, Salomé venait occasionnellement tenir compagnie à « sa grand-mère parisienne », mais aujourd’hui, elle passe le plus clair de son temps avec elle. C’est une véritable amitié qui s’est nouée entre elles deux. « Si elle n’a pas pu aller chez le coiffeur, je peux lui faire sa couleur, comme je peux lui faire à manger ou lui lire une histoire, et je fais ça pour le plaisir ». Salomé insiste : les bénéfices de cette colocation sont partagés ; elle permet à sa grand-mère parisienne une petite aide pour les tâches du quotidien, et elle a trouvé « sa famille d’accueil à Paris ».

De nombreuses structures proposent à des jeunes et des seniors de vivre en collocation, comme Ensemble2générations, une association ayant pour vocation de tisser un lien d’entraide entre les étudiants et les seniors par des contrats de cohabitation intergénérationnelle. Présente à Paris, en Île-de-France et dans 26 villes de province, Ensemble2générations a pour vocation de répondre à deux problèmes : la pénurie et la cherté des loyers pour les étudiants, et l’exclusion des personnes âgées. Catherine, chargée de mission de l’association Ensemble2générations, insiste sur le fait que les bénéfices de la cohabitation intergénérationnelle sont mutuels. Trois formules de cohabitation sont proposées aux étudiants pour leur permettre de s’adapter à leur emploi du temps et à leur budget. Parmi elles, il existe une formule gratuite, où l’étudiant réside chez la personne âgée et doit être présent 6 soirs sur 7 et 2 week-ends par mois. Mais attention, « les étudiants ne sont pas des aides à domicile », insiste Catherine, « ils doivent se sentir comme chez grand-mère ! ». Les 5 000 binômes constitués depuis 2006 ne se sont en effet pas construits autour d’une relation « aidant / bénéficiaire », mais sur un modèle de solidarité plus personnel et plus chaleureux. En moyenne, ces colocations durent 2 ans, et elles sont aussi appréciées des étudiants que des seniors.

Décidé à vous engager ? Retrouvez les structures présentes lors de l’apéro en ligne :