Comment une institution de microfinance (IMF) peut-elle atteindre une rentabilité durable tout en continuant à servir de manière responsable un large éventail de clients ? Depuis sa création, l’IMF ivoirienne Advans Côte d’Ivoire tente de répondre à cette question. En 2017, après moins de six années d’activité, l’institution a atteint un ratio de rendement sur fonds propres de 19%, tout en continuant à servir petites et moyennes entreprises (PME) micro-entrepreneurs, agriculteurs et associations villageoises d’épargne.

Malgré un contexte politique d’après crise, l’économie ivoirienne prospère depuis 2012 profitant notamment au développement des PME et des micro-entreprises. Cet essor économique a contribué à la réduction de la pauvreté et créé un marché dynamique pour la microfinance. La rentabilité du secteur est toutefois fortement contrainte par le plafonnement des taux d’intérêt appliqués aux clients (taux effectif global à 24%), par une forte concurrence, notamment à Abidjan, et, récemment, par le retard pris dans la mise en place d’un bureau de crédit permettant de suivre l’endettement des clients.
Pour faire face à ces contraintes, Advans Côte d’Ivoire concentre ses efforts sur d’autres leviers de rentabilité, et particulièrement sur ses dépenses opérationnelles, financières et la qualité de son portefeuille de prêts. L’efficacité opérationnelle a été améliorée grâce à une pénétration plus importante du marché des PME. L’accent a également été mis sur la satisfaction et la rétention des meilleurs clients, plutôt que de continuellement renouveler la clientèle. Associée à une maîtrise des coûts d’exploitation, cette stratégie s’est traduite par un ratio de charges d’exploitation sur le total de l’actif moyen de 9% à fin 2017, ce qui est relativement bas pour une IMF servant également des clients ruraux (14% des clients).

La mobilisation des dépôts auprès de sa clientèle a permis à l’IMF de réduire ses coûts de financement. Advans a développé une large gamme de produits de dépôt, de services et de canaux de distribution afin d’améliorer la mobilisation des dépôts. Grâce à ses performances et à l’attractivité du marché ivoirien, l’institution bénéficie également de taux d’intérêt compétitifs sur ses emprunts.

La qualité du portefeuille de prêts et le provisionnement des prêts en retard de paiement restent la principale menace qui pèse sur la rentabilité des IMF ivoiriennes. Néanmoins, notre expérience montre qu’avec une méthodologie de crédit appropriée, basée sur la transparence et l’évaluation approfondie des clients, ainsi qu’un ensemble complet de politiques suivies par tous, une IMF peut maintenir une bonne qualité de portefeuille. Celle-ci s’appuie également sur l’éducation financière des clients et l’engagement fort du personnel afin d’ancrer une culture du remboursement.

Cette gestion a permis à Advans d’investir dans ses équipes, de verser des dividendes et, surtout, de développer des services sur-mesure destinés aux entrepreneurs et agriculteurs exclus du système financier.

Solène le Bleis
Chargée d’investissement senior
&
Katherine Brown,
Chargée de communication
Advans international