L’entrepreneuriat social à la croisée des chemins :

faire système pour changer d’échelle

Pour les entrepreneurs sociaux qui œuvrent quotidiennement pour une économie plus respectueuse de l’humain et de la planète, faire écosystème est indispensable. Les collaborations entre différentes sphères d’activité émergentes, de l’économie circulaire à l’économie du partage en passant par l’économie sociale et solidaire, sont essentielles au développement des projets innovants.

La période actuelle et celle à venir sont marquées par un renforcement des dispositifs d’appui et par un essor de l’entrepreneuriat social : développement de programmes d’accompagnement, implication des collectivités territoriales, coopération entre les entreprises sociales dans le cadre de pôles de compétitivité, collaborations avec les entreprises « classiques », ou encore « tiers lieux » collaboratifs. Les démarches de coopération répondent à deux enjeux.

La grande complexité des projets qui doivent concilier efficacité économique et impact social avec des ressources restreintes favorise la recherche de synergies et de mutualisation.

D’une part, la grande complexité des projets qui doivent concilier efficacité économique et impact social avec des ressources restreintes, ce qui favorise la recherche de synergies et de mutualisation. D’autre part, la recherche d’une « organicité » répond au projet de construire une économie qui oppose la solidarité à la concurrence, et privilégie la recherche de l’impact sur celle du profit. Comme le décrit l’environnementaliste Isabelle Delannoy à travers son concept d’économie symbiotique1, ces différents acteurs s’articulent jusqu’à dessiner un autre système, dans lequel chacun est complémentaire, à l’image de la nature.

A une échelle territoriale, Les Canaux ont, dès leur origine, cherché à être à l’interface des collectivités, des institutions, des acteurs solidaires et innovants et des entreprises « classiques ». Notamment à travers son Agora, la volonté des Canaux est de mobiliser tous ces acteurs, de la start-up en lancement à la collectivité en passant par le fonds d’investissements de plusieurs millions d’euros, et de mettre à profit leurs savoir-faire pour répondre aux besoins exprimés par les entrepreneurs sociaux. De cette réflexion est notamment né le « Social Starter » – un programme d’orientation des porteurs de projets à impact vers tous les acteurs de l’accompagnement et du financement, en s’appuyant sur la dynamique d’écosystème impliquant une cinquantaine de structures intermédiaires du territoire.

Les collectivités elles aussi cherchent à initier des dynamiques écosystémiques. Le futur « Quartier éco-circulaire des Deux-Rives » dans le 13e arrondissement de Paris rassemblera ainsi aussi bien des entreprises sociales, des administrations, que des entreprises « classiques » autour de la logique de l’économie circulaire et de l’innovation sociale et environnementale. Sur le territoire d’Est Ensemble (93), le projet LAB3S, autour de l’alimentation urbaine et durable, mobilise chercheurs, entreprises sociales, collectivités et financeurs pour mutualiser les savoirs et développer des synergies territoriales.

Les différents acteurs s’articulent jusqu’à dessiner un autre système, dans lequel chacun est complémentaire, à l’image de la nature.

A l’échelle nationale, le lancement de French Impact témoigne du souci de favoriser la structuration d’écosystèmes locaux favorables, à l’image de ceux que la French Tech avait permis de faire émerger.

Enfin, les ambitions affichées autour de l’organisation des Jeux olympiques de 2024 à Paris3 témoignent d’une volonté politique de mettre l’entrepreneuriat social et l’ESS au cœur de l’attractivité et du développement économique de nos métropoles. IMPACT 2024, programme de mobilisation de l’écosystème de l’ESS pour des Jeux solidaires et inclusifs, porté par les Canaux et le Yunus Center, a pour vocation d’être au service de la réussite des entrepreneurs sociaux et de l’ESS dans sa capacité à répondre à des marchés d’ampleur internationale.

Notre conviction est que cette vision organiciste du développement de l’entrepreneuriat social dessinera les contours d’une autre économie, solidaire et innovante.

1. L’économie symbiotique : régénérer la planète, l’économie, la société, Isabelle Delannoy, 2017.
2. Chiffres issus du sondage OpinionWay réalisé pour ce Baromètre.
3. 25% des marchés JOP seront attribués aux structures de l’ESS et TPE/PME locales et 10% des heures travaillées seront réalisées par des personnes en insertion.

Les Canaux – Maison des économies
solidaires et innovantes