Comment faire passer l’entrepreneuriat social

de la marge à la norme ?

Le temps du changement. Iné­galités, changement clima­tique, exclusion sociale… Les enjeux auxquels nos sociétés font face sont multiples, et l’entrepre­neuriat social continue de s’affirmer comme un vecteur de solutions. Dans tous les secteurs d’activité, il redonne du sens à l’économie et réconcilie rentabilité économique et performance sociétale. Que ce soit pour lutter contre le chômage, pour renforcer le développement des énergies renouvelables, ou pour créer des outils de financement durable, l’innovation sociale conti­nue de prouver qu’il existe une autre façon de concevoir l’économie de demain.

Il ne s’agit pas de simples bonnes pratiques, il ne s’agit pas de phi­lantropie non plus. Ces initiatives am­bitieuses préparent déjà un nouveau modèle de société plus durable, plus juste, plus humain, et c’est l’objectif de ce Baromètre de l’Entrepreneu­riat Social que d’accompagner ce changement de paradigme.

Des écosystèmes pour faire en­semble. Le développement de projets sociaux innovants passera nécessairement par la création de collaborations entre les entrepre­neurs sociaux, les pouvoirs publics, les entreprises traditionnelles, et les acteurs de la recherche. Ces parte­nariats permettent aux entreprises sociales d’accéder à de nouveaux marchés, d’augmenter la portée de leurs services, et d’acculturer les secteurs traditionnels à des pra­tiques plus inclusives et durables. Néanmoins, la création de ces partenariats rencontre encore de nombreux freins qu’il faudra lever en créant de la confiance entre les acteurs et en développant des es­paces de dialogue, de collaboration et d’expérimentation.

Inventer de nouveaux modèles éco­nomiques. Réconcilier impact social et rentabilité économique pousse les acteurs de l’entrepreneuriat social à être créatifs dans leurs modèles économiques, pour que ceux-ci deviennent les leviers de leur chan­gement d’échelle. Ce Baromètre démontre, au travers d’analyses de cas, l’importance pour les structures de l’ESS d’impliquer l’ensemble des parties prenantes, et notamment les bénéficiaires, pour créer un modèle pérenne.

 

Ce changement n’est pas seule­ment souhaitable, il est nécessaire. Les enjeux de société auxquels nous sommes confrontés ne nous permettent plus d’envisager une entreprise autre que responsable et engagée pour le 21e siècle. L’entre­preneuriat social n’est pas seule­ment la somme des initiatives qui le constituent, mais bien un mouve­ment qui  redessine les contours de l’économie de demain.

Mesurer et démontrer l’impact. Enfin, ce changement de paradigme économique nécessite de démontrer la capacité transformatrice de l’in­novation sociale, et d’en mesurer la valeur ajoutée. Les externalités éco­nomiques ne peuvent plus être bran­dies comme seul critère de réussite d’une entreprise et plus générale­ment d’un système national de pro­duction. D’autres indicateurs doivent être normalisés pour prouver que la création d’une richesse différente, économique, certes, mais aussi sociale, solidaire et respectueuse de l’environnement, est possible.

Ces éléments non exhaustifs per­mettent d’envisager un changement d’échelle pour l’entrepreneuriat so­cial. Ce changement n’est pas seule­ment souhaitable, il est nécessaire. Les enjeux de société auxquels nous sommes confrontés ne nous permettent plus d’envisager une entreprise autre que responsable et engagée pour le 21e siècle. L’entre­preneuriat social n’est pas seule­ment la somme des initiatives qui le constituent, mais bien un mouve­ment qui redessine les contours de l’économie de demain. À nous de lui donner collectivement les moyens de ses ambitions !