Tous les deuxièmes mercredis du mois, les Apéros Youth We Can! donnent la parole à des jeunes engagés qui viennent raconter leur parcours et partager leur vision d’une société plus inclusive et responsable. L’objectif ? Créer le déclic chez ceux qui n’osent pas encore s’engager et les accompagner pour sauter le pas !

Un.e français.e produit en moyenne entre 500 et 600 kilos de déchets par an. A l’échelle du pays, cela correspond à 800.000.000 de tonnes de déchets à traiter, soit environ 25 tonnes chaque seconde. Face à ce constat alarmant, Youth We Can! a souhaité proposer un nouvel apéro sur le thème du zéro déchet.

Mais est-il réellement possible de supprimer l’intégralité de ses déchets ? Quelles solutions existent pour atteindre cet objectif ou s’en rapprocher ? Comment et pourquoi modifier ses habitudes de consommation pour réduire sa production de déchets ? Pour répondre à ces questions, Lou-Anne Petit, adepte du zéro déchet, Jean-Jacques Fasquel, Maître-Composteur et consultant-formateur chez Compostory, et Audrey Vuétaz, auteure du Podcast VRAC! étaient les invité.e.s de ce nouvel apéro Youth We Can! à la REcyclerie.

Agir au quotidien pour réduire ses déchets

Il y a 3 ans, Lou-Anne n’était pas sensible au zéro déchet. Mais après un an passé en Chine, effarée par la quantité de plastique utilisée autour d’elle, un déclic s’opère : il est temps de changer ses habitudes !

Première étape : se renseigner. Si passer au zéro déchet par soi-même ne semble pas évident, il existe un grand nombre de ressources en ligne pour accompagner ce cheminement. Pour commencer, il faut se procurer les indispensables du zéro déchet, de récup’ de préférence ! Bocaux et vieux pots de confiture de vos grands-parents seront vos meilleurs amis pour acheter en vrac.

Lou-Anne rencontre son premier succès dans la salle de bain. Après quelques semaines, elle constate qu’elle n’a plus besoin de poubelle ! Adieu dentifrice en aluminium et gel douche en plastique, ce sont désormais l’huile de coco, le bicarbonate et le savon de Marseille qui remplacent tout ! Petite astuce pour parfumer ses produits : les huiles essentielles.

Un seul emballage résiste : impossible de trouver une alternative à l’après-shampoing, mais la jeune femme nous rassure : personne n’est zéro déchet à 100%, et il est inutile de culpabiliser au moindre écart. Après tout, diviser ses déchets par 2, c’est déjà très bien ! Lou-Anne nous rassure également sur le coût du zéro déchet : les premiers investissements sont vite amortis. A long terme, c’est une pratique tant économique qu’écologique.

Par la suite, Lou-Anne poussera son engagement plus loin en organisant des ateliers DIY au sein de son école, l’occasion de transmettre ses gestes à d’autres étudiant.e.s.

Les recettes zéro déchet testées et approuvées par Lou-Anne Petit

Miser sur une solution naturelle : le compost

Après des études en école de commerce et l’exercice de plusieurs métiers qu’il nomme « de la consommation », Jean-Jacques fait sa crise de la quarantaine et se remet en question : il veut changer de vie et donner du sens à son travail. C’est d’abord dans le secteur de la communication durable qu’il s’épanouit, pour ensuite se consacrer à l’une de ses passions : le compost.

Pionnier du compostage en pied d’immeuble à Paris, il souhaite démocratiser cette pratique trop souvent oubliée en zone urbaine. Pour mettre en place un compost dans votre résidence en région parisienne, rien de plus simple : contactez votre mairie ! Celle-ci vous accompagnera dans votre démarche, généralement de façon complètement gratuite.

Jean-Jacques nous délivre en une phrase le mode d’emploi du compostage : peut-être composté tout ce qui est issu du vivant. Néanmoins, prenez garde aux déchets organiques odorants comme le poisson par exemple, dans les villes, ils risqueraient de générer des nuisances et d’attirer des rongeurs.

Enfin, au-delà des bénéfices en termes de déchets, le compost représente bien plus. Point de rencontre et d’échanges entre voisins, il est le gage d’une vie sociale enrichie.

Jean-Jacques Fasquel, Maître-Composteur chez Compostory

Encourager à la transition vers le zéro déchet par l’échange

La première fois qu’Audrey s’essaye au zéro déchet cela se solde par un échec. Au bout d’un mois, elle se rend compte qu’une transition complète et radicale est presque impossible. Depuis, elle prône le «low impact», soit le fait de réduire ses déchets au maximum dans la mesure de nos capacités.

Marquée par sa propre difficulté à se lancer, la jeune journaliste décide en 2018 de partager son expérience à travers un podcast. A chaque épisode, elle mène l’interview d’un.e adepte du zéro déchet, qui lui explique comment il ou elle s’est lancé.e dans la pratique.

Le podcast a été pour Audrey le moyen de pousser sa conscience environnementale à l’action au-delà de sa sphère personnelle. En créant sa communauté autour du zéro déchet, elle espère convaincre le plus grand nombre à la rejoindre, afin qu’un jour le «low impact» devienne grand.

VRAC!, le podcast d’Audrey Vuétaz sur le zéro déchet