Début 2019, près de 13 milliards d’euros1 étaient déposés sur des placements solidaires, qui permettent le financement d’activités à forte utilité sociale et environnementale. Cet encours d’épargne solidaire a été multiplié par 8 en 10 ans avec des taux de croissance annuels moyens à deux chiffres.

Cette progression rapide s’explique tout d’abord par une réglementation française en faveur de l’épargne salariale solidaire qui oblige toutes les entreprises, depuis le 1er janvier 2010, à présenter au moins un fonds solidaire dans tous les dispositifs d’épargne entreprise. D’autres éléments ont permis le développement des ressources solidaires, comme l’engagement croissant des établissements financiers à promouvoir leur gamme de produits solidaires. L’offre ne cesse de s’élargir. En 2018, le label Finansol, qui repose sur des critères de solidarité et de transparence, a été attribué à 19 nouveaux supports d’épargne, très variés, portant leur total à 161. Du côté de la demande, les épargnants adhèrent à ces placements qui donnent du sens à leur argent. Cet engouement s’est traduit l’an passé par 423 000 nouvelles souscriptions de placements solidaires portant leur total à 2,8 millions au 31 décembre 20182.

La microfinance, en France, en Europe et dans le monde, tient une place prépondérante et historique dans l’écosystème de la finance solidaire.

En effet, de nombreux placements solidaires sont utilisés pour financer des institutions de microfinance et in fine des microcrédits. Cette composante microfinance est présente depuis la création des premiers placements.

Au fil des années, les acteurs de la finance solidaire ont diversifié leurs ressources en développant de nouveaux produits d’épargne solidaire, que ce soit directement avec leurs propres outils pour collecter des fonds propres ou de la dette (émission de parts de capital, obligations, titres associatifs etc.), mais également par l’intermédiaire de placements bancaires, de contrats d’assurance-vie ou, plus récemment, via des plateformes de financement participatif. En Europe, la première créée a été Babyloan. De même, le premier titre associatif solidaire émis est celui de l’ADIE.

La microfinance a ainsi toujours été un vecteur d’innovation à fort impact en matière de lutte contre la pauvreté ou d’inclusion sociale et professionnelle. Elle doit désormais poursuivre sa croissance en s’adaptant à un marché en pleine mutation (développement de l’investissement institutionnel, digitalisation, finance à impact, etc.). Nul doute qu’elle y parvienne.

1. Baromètre de la finance solidaire 2019 – Finansol/La Croix, 2019
2. Ibidem

FRÉDÉRIC FOURIER
RESPONSABLE DE L’OBSERVATOIRE
DE LA FINANCE SOLIDAIRE
FINANSOL