Lancé en septembre 2018, le collectif « Pour un réveil écologique » a su mobiliser et récolter à ce jour plus de 32 000 signatures d’étudiants de plus de 400 établissements d’enseignement supérieur en France.

Le message est clair vis-à-vis des employeurs. Cette nouvelle génération souhaite s’engager et s’investir pour des organisations actives dans la transition écologique et sociale, rejetant parfois en bloc le business as usual.

Mais cette profonde interpellation vise aussi à réveiller les écoles et les universités, afin que celles-ci adaptent et revisitent de manière structurelle leurs contenus pédagogiques pour mieux accompagner les étudiants dans cette transition et mieux les préparer au monde complexe dans lequel ils évolueront. Les signataires sont légitimement intransigeants sur la question, et souhaitent concilier leur vie professionnelle avec leurs valeurs personnelles.

Nous avons donc d’un côté une mutation des aspirations des étudiants et de l’autre, des organisations (entreprises, start-up, ONG, collectivités, etc.) qui, ces dernières années, et plus que jamais, se transforment face à une exigence croissante de leurs parties-prenantes (clients, citoyens, etc.) et des étudiants qui choisissent désormais avec précision les entreprises dans lesquelles ils veulent travailler. à cela s’ajoutent les impacts négatifs que peut avoir le changement climatique sur ces mêmes organisations, générant une gestion du risque plus complexe et délicate. Confrontés à ces facteurs, les organisations n’ont pas d’autre choix que de se réinventer et de se transformer en profondeur.
C’est dans ce contexte que l’enseignement supérieur devient un acteur majeur de la transition. En préparant les futurs talents, en identifiant les compétences clés et les nouveaux métiers au service de la transition écologique et sociale, et en accompagnant les organisations dans leur transformation, l’enseignement constitue un formidable catalyseur et une passerelle essentielle vers un monde de demain plus résilient et durable.

L’enseignement supérieur doit donc se donner une double ambition. Celle de comprendre et d’analyser comment l’ampleur des enjeux environnementaux et sociaux actuels vient révolutionner et transformer en profondeur les organisations. Et celle d’agir en façonnant de nouveaux modèles innovants, qui mettent ces sujets au cœur de la stratégie des organisations.

Une école ou une université qui aujourd’hui laisserait ces sujets de côté ne serait plus attractive ni pour les étudiants, ni pour ses autres parties prenantes. Elle ne ferait pas le poids face à la concurrence internationale et serait progressivement exclue des principaux classements internationaux.

Il est impératif de ne plus se reposer sur ses acquis, de travailler en synergie, et de se réinventer chaque fois qu’il le faudra pour pouvoir donner à chaque étudiant l’opportunité de trouver pleinement sa place et de s’investir dans une carrière cohérente avec ses valeurs et ses aspirations.

C’est pourquoi, HEC Paris, avec son Institut Society and Organizations a entrepris une démarche d’intégration des enjeux climatiques et d’inclusion dans sa pédagogie. En parallèle, l’école œuvre pour un campus durable, qui se veut un écosystème d’expérimentations à l’image des enseignements proposés. L’ensemble des étudiants de l’école participe également à la rentrée climat, impulsée par l’ONG « La Fresque du climat ». qui vise à former des dizaines de milliers d’étudiants aux enjeux climatiques à travers l’atelier ludique et une fresque du climat.

Depuis 17 ans, HEC propose le master en « Sustainability and Social Innovation » qui forme chaque année une soixantaine d’étudiants de tous profils et toutes nationalités. Ce programme est destiné aux étudiants qui aspirent à devenir des acteurs du changement. Quelle que soit leur future fonction ou le secteur dans lequel les diplômés travailleront, ils auront acquis la pensée critique, les compétences techniques et les compétences en leadership nécessaires pour repenser, innover et façonner les entreprises durables et les économies inclusives de demain.

Enfin, aucune avancée ne se fera de manière isolée. L’Alliance U7, dont HEC fait partie, se veut à l’image du G7 et vise à regrouper les plus grandes universités mondiales pour travailler ensemble sur 5 défis mondiaux majeurs : le rôle des établissements d’enseignement supérieur dans un monde global, le climat et la transition énergétique, les inégalités et la responsabilité de l’enseignement supérieur dans la lutte contre la polarisation de nos sociétés, l’impact de l’innovation technologique et l’engagement civique du local au global.

La route est longue et il existe une énorme marge de progression. Mais, devant l’urgence de la situation, les planètes semblent enfin alignées pour accélérer la transition écologique et sociale, et atteindre les ODD.

Déborah Keraghel
Directrice Exécutive du Master
Sustainability and Social Innovation
HEC Paris