Les technologies de l’information et de la communication (TIC) offrent un vaste potentiel aux femmes et aux filles ; de l’éradication de la pauvreté à l’amélioration de l’éducation et de la santé, en passant par la productivité agricole et la création d’emplois décents ».

Cette citation de Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, reflète particulièrement bien le rôle que la technologie peut jouer pour atteindre l’Objectif de développement durable (ODD) 5 qui consiste à mettre fin aux inégalités entre les genres.

Et ces inégalités sont nombreuses. Par exemple, Kinnon Scott, Économiste Senior de la Banque mondiale, démontre dans un rapport qu’entre 20 et 34 ans, les femmes sont en moyenne plus pauvres que les hommes. De plus, les enfants représentent 44 % de l’extrême pauvreté mondiale et le taux de pauvreté est le plus élevé chez les filles. 105 filles pour 100 garçons vivent dans des foyers extrêmement pauvres, tous âges confondus.

Le pouvoir de transformation des nouvelles technologies

L’ODD 5 sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes met clairement en évidence ces problèmes et identifie la technologie comme un levier de réduction des inégalités. Il comprend en effet un objectif spécifique sur l’importance de la technologie pour parvenir à l’autonomisation des femmes et des filles.

Les nouvelles technologies apportent de nouvelles réalités, et le développement des technologies numériques permet d’ouvrir de nouvelles perspectives aux personnes qui sont nées dans des endroits où il y a moins d’opportunités économiques. La technologie a de fait démocratisé l’acquisition des connaissances. Il y a dix ans seulement, les lycéens africains étaient condamnés à rester aux échelons inférieurs parce qu’ils ne bénéficiaient pas du niveau de formation leur permettant de monter l’échelle sociale.

Aujourd’hui, en revanche, une formation de 6 mois en coding peut faire décoller une carrière dans la programmation informatique et ouvrir des opportunités au-delà des frontières internationales. Ce genre d’opportunités a permis à la jeunesse africaine d’être sur un pied d’égalité avec ses pairs du monde entier.

Zoom sur GirlsCoding

Les carrières basées sur la technologie numérique sont également moins difficiles d’accès. C’est donc une approche viable et moins coûteuse qui permet de soutenir les jeunes qui n’auraient jamais pu suivre des parcours professionnels plus coûteux (à la fois en termes de temps et d’argent).

Chez GirlsCoding, nous avons exploité et exploitons encore ces opportunités avec des preuves tangibles de succès.

GirlsCoding est un programme intensif organisé par la Pearls for Africa Foundation pour les jeunes filles âgées de 10 à 17 ans vivant dans des communautés défavorisées au Nigeria. Il a pour objectif de transmettre diverses compétences technologiques par le biais de formations dans des domaines comme la robotique ou le développement web, avec un processus d’apprentissage du langage de programmation de base comme HTML, CSS, JavaScript et Python. Plus de 400 filles ont été formées et sont désormais capable de créer des solutions pour résoudre les problèmes qui existent dans leurs communautés.

Certaines d’entre elles mettent déjà en œuvre ce qu’elles ont appris, pour proposer des solutions aux problèmes qu’elles rencontrent au Nigeria :

MAKOKO FRESH est un site web de commerce électronique qui met en relation les acheteurs de produits de la mer avec les pêcheurs qui vivent à Makoko (une communauté flottante à Yaba). Cette solution en éliminant ainsi les intermédiaires qui gagnent plus d’argent que les pêcheurs, permet à ces derniers de vendre plus à un meilleur prix et de mieux gagner leur vie.

HOPE BASKET est un projet visant à donner une nouvelle vie aux matériaux inutilisés pour les personnes dans le besoin, en particulier les personnes déplacées à l’intérieur des zones perturbées par les insurgés, les inondations et les catastrophes naturelles, et qui sont obligées de vivre dans des camps au Nigeria.

Ces initiatives prouvent bien que la technologie a un réel pouvoir transformateur. A nous de donner collectivement accès à ces jeunes entrepreneuses prometteuses à des formations adaptées pour leurs permettre de trouver des solutions aux problèmes contemporains.

ABISOYE AJAYI
FONDATRICE ET DIRECTRICE
FONDATION PEARLS FOR AFRICA