En plaçant au coeur de leur projet l’objectif d’utilité sociale, les entreprises sociales constituent dans leur ensemble un moteur essentiel de la transition écologique. Plus directement, comme en témoignent les nombreux exemples cités dans ce Baromètre, on retrouve des entreprises sociales engagées dans tous les volets de la transition écologique : transition agro-alimentaire, énergétique, économie circulaire, transports, etc.

Si de nombreux programmes et dispositifs se structurent pour les appuyer, le rassemblement de toutes les parties prenantes d’un territoire donné est nécessaire pour permettre aux projets de s’ancrer dans la durée.

Des programmes d’accompagnement dédiés
Premiers pas, création, changement d’échelle… Sur toutes ces phases, des programmes d’accompagnement existent. En fonction de l’état d’avancement du projet, ils permettent de penser sa stratégie, de se constituer un réseau, de se former ou encore de lever des fonds.

En phase de création, de plus en plus de programmes d’appui aux projets d’utilité sociale prennent forme, comme l’illustre le Panorama des acteurs de l’accompagnement réalisé par l’Avise1. Ces programmes ont l’avantage de réunir un réseau d’acteurs engagés sur les questions de transitions et de maîtriser les spécificités de l’entrepreneuriat social. Le projet de collecte et de revalorisation des déchets flottants, Robins des mers, a par exemple été accompagné par l’incubateur Première Brique (Toulouse).

Les acteurs généralistes de l’entrepreneuriat tels que le Réseau entreprendre ou le réseau BGE se mobilisent également aux côtés des incubateurs thématiques comme la Couveuse-lab Economie verte de BGE Parif ou l’incubateur Ville durable de Paris&Co.

En phase de consolidation, le Dispositif local d’accompagnement (DLA) accompagne aussi les questions de transition écologique, que ce soit à travers les 6 000 structures d’utilité sociale qui en bénéficient chaque année ou par la mise en place d’accompagnements collectifs. Par exemple, Enercoop Languedoc-Roussillon a été soutenu par le DLA pour structurer l’association ECLR “Energies Citoyennes Locales et Renouvelables” qui fédère 50 porteurs de projets engagés dans le développement des énergies renouvelables citoyennes.
Enfin, en phase de changement d’échelle, on retrouve également des programmes d’appui dédiés2. Le programme P’INS Avise-Fondation Macif, a par exemple accompagné API’UP, structure d’insertion d’upcycling, dans sa stratégie d’essaimage. La Fondation La France s’engage soutient également de nombreux projets sur les thématiques environnementales comme l’association 3PA et ses écoles de la transition écologique.

Le croisement nécessaire des expertises et des énergies
Ces programmes d’accompagnement, grâce à leur réseau de partenaires et aux événements qu’ils organisent, créent du lien entre financeurs, experts, citoyens, et participent à une dynamique d’ensemble. Cependant, l’impact des entreprises sociales demeure souvent limité lorsqu’elles ne s’inscrivent pas dans la stratégie du territoire dans lequel elles sont implantées. C’est pourquoi des espaces de co-construction sont nécessaires pour créer un cercle vertueux permettant aux projets de voir le jour et de se consolider.

Plusieurs formes de coopération existent. Citons tout d’abord les Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE), qui regroupent entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS), entreprises hors ESS, acteurs de la recherche et collectivités au service de projets innovants porteurs d’un développement local durable. C’est le cas des EcoNautes, PTCE breton sur l’économie circulaire, ou d’InnoVales dans le genevois, qui travaille sur la rénovation énergétique.

Plus récemment, les territoires labellisés French Impact par le Haut-Commissariat à l’ESS et à l’innovation sociale se sont eux aussi fortement engagés sur le sujet. C’est le cas du territoire d’Est Ensemble (Seine-Saint-Denis) et de sa plateforme territoriale de l’innovation sociale dont l’un des défis est “d’accélérer la transition écologique du territoire”, notamment en favorisant le développement de projets sur l’économie de l’usage et de la réparation.

A mi-chemin entre programme d’accompagnement et dynamique collective permanente, on retrouve le dispositif Fabrique à initiatives3, animé au niveau national par l’Avise. En partant des besoins et idées détectés par les acteurs locaux, il accompagne les territoires dans la création de projets. L’incubateur ATIS, qui porte le dispositif en Nouvelle-Aquitaine a par exemple impulsé Elise Atlantique, une entreprise adaptée de recyclage de déchets bureautiques, R³, qui collecte et réemploie des déchets encombrants issus de grands quartiers urbains, ou encore la conserverie solidaire Elixir dont les produits sont confectionnés à partir d’invendus.

Partout en France des dynamiques prometteuses se développent au service de l’accompagnement des entreprises sociales et de la transition écologique. Mais dépasser les clivages entre les secteurs et les différents types d’acteurs n’en reste pas moins un enjeu principal ! Pour favoriser l’innovation et les nouvelles formes d’entreprendre, il y a tout à gagner à une meilleure coopération entre les acteurs experts des questions énergétiques, alimentaires, etc., et ceux de l’entrepreneuriat social.

Bérengère Daviaud
Chargée de mission
Avise

Notes de bas de page
1. https://www.avise.org/ressources/cartographies-des-acteurs-de-laccompagnement-a-lemergence-et-lacceleration-ess
2. https://www.avise.org/entreprendre/changer-dechelle/les-programmes-daccompagnement-au-changement-dechelle
3. https://fabriqueainitiatives.org/